{"title":"El Taller de la Fragilidad","metaTitle":"El Taller de la Fragilidad · Halle Nord","uri":"program/el-taller-de-la-fragilidad","label":null,"artists":[{"uri":"artists/marisa-cornejo","title":"Marisa Cornejo","firstname":"Marisa","surname":"Cornejo","biography":"<p>Marisa Cornejo (née en 1971 à Santiago du Chili) est une artiste chilienne qui vit et travaille en Suisse. Fille de militant·es communistes, elle quitte le Chili avec sa famille en 1973 à la suite du coup d’État de Pinochet. Son parcours d’exil la conduit successivement en Argentine, en Bulgarie, en Belgique, puis au Mexique, où elle se forme dès le début des années 80 à la danse contemporaine et aux arts visuels à l’Universidad Nacional Autónoma de México.</p><p>À Mexico, elle collabore avec le collectif d’artistes La Panadería, espace pionnier de la scène contemporaine mexicaine dédié à l’émergence de jeunes artistes. Au fil des années, le lieu a également présenté le travail de figures internationales telles que Richard Kern, Sharon Hayes, Kurt Hollander, Gelitin et Francis Alÿs. C’est à cette période qu’elle découvre le potentiel narratif des rêves, qui deviennent une source essentielle de son travail artistique. Après un séjour en Angleterre, elle s’installe près de Genève en 2005.</p><p>À l’occasion d’un Master en arts visuels à HEAD—Genève, obtenu en 2014, Marisa Cornejo développe une recherche au long cours sur la mémoire, l’exil et la migration forcée, directement nourrie par son histoire personnelle. Son travail prend alors la forme de performances, d’installations, de dessins, de publications et de sculptures dans lesquels archives, récits et expériences vécues sont réactivés.</p><p>En 2013, elle publie <em>I am</em> (art&amp;fiction), un premier ouvrage réunissant une sélection de dessins issus de ses rêves. À travers cette exploration de l’inconscient, elle interroge les effets du déracinement sur la construction de l’identité et met en lumière des enjeux à la fois intimes et collectifs. Cette réflexion se poursuit avec <em>L’empreinte.</em> <em>Une archive d’artiste soustraite au terrorisme d’État</em> (art&amp;fiction, 2023), consacré à la réappropriation d’archives familiales marquées par l’histoire politique chilienne.</p><p>Son travail a été récompensé par le Prix de la Fondation Francine Delacrétaz en 2023, puis par un Swiss Art Award en 2024.</p><p>Le travail de Marisa Cornejo a été exposé en Suisse et à l’international, dans des expositions personnelles et collectives, notamment au Helmhaus Zürich (2025); à la Maison Tavel / MAH Genève (2025); chez Lovay Fine Arts à Genève (2024); au Centro Nacional de Arte Contemporáneo à Santiago du Chili (2023) et aux Gallatin Galleries à New York (2023).</p><p><a href=\"https://marisacornejo.com/\">https://marisacornejo.com/</a></p>","externallinks":[]}],"isupcoming":true,"iscurrent":true,"duration":"durational","displayartistsname":false,"startdate":1788472800,"enddate":1792188000,"category":"Exposition","smalltext":"Une coproduction avec BAR Project et HAUS – Espacio de Arte y Prácticas Contemporáneas, Barcelone.<br><br>Commissaires : Elise Lammer avec Andrea Rodríguez Novoa et Veronica Valentini","description":"<p>À l’occasion de sa première exposition monographique institutionnelle à Genève, Marisa Cornejo (Santiago du Chili, 26 septembre 1971 ; vit et travaille entre Genève, Lausanne et Santiago) présente une série d’œuvres qui abordent différentes expériences liées à l’exil, au déplacement et à la non-reconnaissance. </p><p>Que signifie revenir dans un pays qui a continué d'exister sans vous ? Cette question traverse l'œuvre de la plasticienne et autrice Marisa Cornejo depuis plusieurs décennies. Née au Chili pendant l'Unité populaire (Unidad Popular, du 4 septembre 1970 au 11 septembre 1973), contrainte à l'exil avec sa famille sous la dictature militaire, l'artiste ne cherche pas à retrouver un territoire perdu. Son travail interroge plutôt les formes d'une appartenance devenue discontinue, où la mémoire se construit à partir de fragments (réels ou imaginés) dont l'accès a été longtemps empêché.</p>","description_long":"<p>Dans <em>Reflections on Exile</em> (1984), Edward Said, qui s'est attaché tout au long de sa vie à penser les effets politiques et existentiels de l'exil, décrit la capacité des personnes exilées à appréhender le monde à travers une conscience « contrapuntique », où plusieurs temporalités et plusieurs géographies coexistent sans jamais se fondre en un récit unique. Les photographies de Marisa Cornejo semblent habiter cet espace. En réoccupant, à l'âge adulte, des lieux au Chili dont elle avait été privée enfant, l'artiste ne met pas en scène un retour ; elle documente plutôt l'écart qui sépare le souvenir du présent, l'image du vécu. Cette tension trouve une matérialité particulière dans <em>Los Tótems de mi Ausencia</em> (Les totems de mon absence), une dizaine de formes en plâtre qui ponctuent le sol de  Halle Nord. Partiellement recouvertes de cartes postales du Chili, ces sculptures donnent corps à une mémoire longtemps réduite à la surface des images. Réalisées à partir de photographies prises par l'artiste lors de récents voyages au Chili, ces images réactivent des sites emblématiques dont les paysages ont été façonnés autant par les récits identitaires que par l'imaginaire touristique. Elles s'inspirent également des cartes postales que ses grands-parents envoyaient à l'artiste durant son enfance en exil, témoins figés d'un pays auquel elle ne pouvait accéder. L'artiste décrit ces stèles comme autant de tentatives de « guérir l'aplatissement que la chronologie moderne a imposé à notre histoire » en donnant du volume aux mémoires, afin qu'elles occupent l'espace.</p><p>L’exposition trouve également un écho dans les analyses de Nelly Richard. Dans <em>Crítica de la Memoria (1990–2010),</em> 2010,  (Critique de la mémoire (1990-2010), (2010), la théoricienne franco-chilienne montre que si la transition démocratique n'a pas effacé les fractures produites par la dictature chilienne, elle les a souvent recouvertes par un récit consensuel. Face à ce ramolissement de la transmission de la mémoire, l'art aurait la capacité de rendre perceptibles les continuités entre passé et présent, à l’instar du travail littéraire et plastique de Marisa Cornejo. En effet, que ce soit dans ses écrits, ses dessins ou ses sculptures, l’artiste laisse affleurer, parfois en creux, comment celui-ci continue de façonner les paysages, les objets et les corps.</p><p>Axée en partie sur la thématique de la mère, une sélection de dessins et de peintures de rêves de l'artiste est également présentée à Halle Nord. Depuis 1997 — année qui correspond à la dernière exposition de Marisa Cornejo au sein du collectif La Panadería à Mexico City — l’artiste consigne quotidiennement ses visions oniriques sous la forme de dessins. Ceux-ci déplacent cette archéologie de la mémoire vers le corps. Dans <em>La Madre que me Enseña a Respirar</em> (La mère qui m'apprend à respirer), la mémoire ne s'organise plus selon une chronologie des faits, mais selon une logique de la sensation et du souffle. La respiration devient une véritable opération critique qui viserait à défaire l'aplatissement produit par le traumatisme afin de restituer au corps sa capacité d'habiter l'espace. Les rêves élaborent ainsi une temporalité non linéaire, où mémoire individuelle et héritages collectifs coexistent sans hiérarchie. Au final, les dessins de Marisa Cornejo, à l’image de l'ensemble des œuvres présentées dans <em>El Taller de la Fragilidad,</em> semblent proposer une traduction très intime de la conscience exilique : un espace où des réalités hétérogènes ne cherchent plus à se résoudre, mais à respirer ensemble.</p>","metainfo":[{"id":"0","title":"Vernissage :","description":"Jeudi 3 septembre 2026, dès 18h"},{"id":"1","title":"","description":""}],"embeds":"","medias":[],"floorplan":""}